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Démission de Manuel Valls : il a envie de tout plaquer

Démission de Manuel Valls : il a envie de tout plaquer

Les scénarios divergent, mais les rumeurs d'une démission de Manuel Valls s'intensifient cette semaine, en marge de la contestation du projet de loi El Khomri sur le travail...

 C'est un article du JDD paru le 2 mars 2016 qui a sans doute le mieux résumé cette "tentation du départ". Las des débats virulents dans la majorité, Manuel Valls aurait posé une sorte d'ultimatum à François Hollande sur le projet de loi sur le travail, porté par Myriam El Khomri. Le Premier ministre aurait fait de tout renoncement sur ce texte un motif de départ croit savoir l'hebdomadaire, qui affirme que les couloirs des ministères bruissent de cette démission potentielle. Parachèvement du tournant libéral du gouvernement, la loi El Khomri cristallise les tensions à gauche au point que sa présentation a été repoussée de deux semaines, qu'un mouvement social d'ampleur se profile et qu'une fronde s'organise dans les rangs du Parti socialiste. Fronde incarnée cette fois clairement par Martine Aubry qui signait la semaine dernière une tribune assassine dans Le Monde contre le projet et plus généralement la politique du gouvernement.
 

Pour Manuel Valls, pas question de céder à cette gauche qui proteste à chacun des textes présentés au Parlement ou presque depuis avril 2014. "Il claquera la porte" cette fois si François Hollande cède, indique un de ses conseillers sous couvert d'anonymat dans le JDD. Mais le doute sur son avenir à Matignon irait chercher ses racines beaucoup plus loin. Par peur d'être "fillonisé" - autrement dit de suivre le chef de l'Etat jusqu'à la fin de son quinquennat et de rester plombé par sa défaite, comme François Fillon en 2012 - Manuel Valls chercherait une porte de sortie depuis déjà plusieurs mois. Il "se prépare à sortir" indique une autre source, certaine qu'il ne veut pas rester jusqu'au bout au service de François Hollande et risquer d'être associé à son bilan en 2017. "Il ne veut pas couler avec", abonde même une journaliste de FranceTV Info.

EN VIDEO - A l'assemblée le 1er mars, Manuel Valls a jugé "exagéré" de parler de "reculade" après le report de 15 jours de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi sur le travail, qui doit arriver à l'Assemblée nationale "fin avril".

"Il est en train de te trahir, il la joue perso..."

 

En ce sens, la loi El Khomri serait un test : en exacerbant la confrontation avec les frondeurs de la majorité, le Premier ministre voudrait forcer le chef de l'Etat à lui donner les mains libres... ou à le désavouer. Ce qui reviendrait à couper le cordon en prétextant que François Hollande ne lui a pas donné les moyens de réformer le pays, comme l'indiquait un article du journal Le Monde dès lundi. L'après-régionales de 2015 aura été en ce sens une occasion manquée pour Manuel Valls de sortir du gouvernement. Le remaniement, d'abord repoussé pour cause d'état d'urgence et de contexte post-attentats, a finalement conforté l'ancien maire d'Evry à Matignon. François Hollande n'avait en effet aucun intérêt de se séparer d'un des favoris de la gauche pour la présidentielle 2017. Le maintenir à la rue de Varenne est aussi un moyen de l'empêcher de préparer une éventuelle campagne.

Dans les troupes de Manuel Valls, on confirme à demi-mots cette tentation de partir, pas par jeu politicien, mais par souci de "cohérence" et de sens des "responsabilités". Mais d'aucuns ont déjà dénoncé un calcul, comme Martine Aubry qui, selon l'Express, aurait dit à François Hollande lors d'une récente entrevue : "Méfie-toi ! Manuel prépare son départ, il est en train de te trahir, il la joue perso...". Entre ces deux-là, qui incarnent respectivement la droite et la gauche du PS depuis déjà plusieurs années, la camaraderie n'est toujours pas de mise. La maire de Lille aurait même développé un véritable plan de bataille pour contrer les ambitions de Manuel Valls en 2017.

François Hollande et Manuel Valls à l'Elysée le 17 février 2016. L'un pense à 2017, l'autre à une démission. © VILLARD/NIVIERE/SIPA

Une rupture entre Valls et Hollande ?

 

Le Canard Enchaîné ce mercredi livre quant à lui un scénario sensiblement différent. Première confidence de taille livrée par l'hebdo satirique : Manuel Valls ne serait pas un défenseur si acharné de la loi El Khomri. Après la publication de la tribune au vitriol de Martine Aubry dans Le Monde, il aurait d'ailleurs activé son réseau pour faire passer discrètement un message aux médias. Message selon lequel la rédaction du texte de loi ainsi que ses arbitrages auraient été en grande partie contrôlés par l'Elysée et non par Matignon. Le tout avec la participation du chef de l'Etat lui même et de son protégé, Emmanuel Macron. Selon le palmipède, Valls refuserait donc de porter le chapeau et de jouer le vilain Premier ministre libéral face à un François Hollande dans les habits de président conciliateur. La situation serait donc inversée, mais le résultat toujours le même : "exaspéré" par une gauche incontrôlable et un président louvoyant, Manuel Valls serait prêt à tout plaquer. La rupture serait d'ailleurs bel et bien consommée avec le chef de l'Etat dont il est l'allié inséparable depuis la primaire de 2011.

Reste que l'idée d'une démission n'effraierait pas François Hollande outre mesure. C'est l'autre nuance apportée par le Canard, qui cite un ministre hollandais : "Si Valls s'en va, il se retrouvera bien seul avec Jean-Marie Le Guen et une poignée de parlementaires. Il se marginalisera. Dans le parti, il ne représente pas un gros courant. La modernité, aujourd'hui, c'est Macron, ce n'est plus lui. L'autorité, la sécurité, c'est Cazeneuve, ce n'est plus lui". Comprendre : le candidat du PS en 2017, ce ne sera sans doute pas lui non plus.

 

linternaute.com

 

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Published by lapresseenrevue - dans MARS 2016

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