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Au Kremlin-Bicêtre, J-M Nicolle perd sa majorité municipale
Au Kremlin-Bicêtre, J-M Nicolle perd sa majorité municipale

«11 voix pour, 19 contre, 2 abstention», voilà comment résumer le Conseil municipal du Kremlin-Bicêtre de ce lundi 4 juin qui s’est déroulé sous étroite surveillance policière. Mis en examen pour abus de confiance,  favoritisme, trafic d’influence et corruption active, le maire a perdu sa majorité municipale et n’a pu faire voter aucune délibération.

 

Il fallait montrer patte blanche ce lundi soir pour entrer en salle du Conseil. En raison des tensions de jeudi dernier, date à laquelle se tenait la premier Conseil municipal depuis le retour en mairie de Jean-Marc Nicolle, hospitalisé plusieurs semaines après sa garde à vue et sa mise en examen, la majorité des personnes venues assister à la séance ont du se contenter de rester dans le hall, derrière un écran TV.  En salle du conseil, le message de l’ex-majorité municipale qui ne soutient plus le maire a été clair. attaques contre Jean-Louis Nicolle se succèdent.  «Le j’y suis, j’y reste n’est pas une politique pour la ville, mais une posture. Les Kremlinois valent mieux que cela», résume Esteban Piard, adjoint MRC. Geneviève El Malki, adjointe PS, ne veut pas «d’une politique de la chaise vide» mais appelle aussi à «voter contre toutes les délibérations». Idem au PCF. « La majorité c’est vous qui l’avez quittée. Votre fuite en avant pour conserver à tout prix le pouvoir, vous conduit dans une impasse dont vous tentez de sortir par des petites manipulations politicienne« , a ainsi déclaré le groupe communiste. Vincent Rousseau, ex-MRC qui siège désormais dans les non-inscrits, annonce qu’il s’abstiendra et qu’il souhaite rendre sa délégation à l’Education au 1er juillet, une fois la rentrée préparée.

De la mise en place d’un nouveau skatepark au positionnement de la ville comme partie civile dans l’affaire qui touche le maire, toutes les propositions sont retoquées avec le même score sans appel, au grand dam des dix élus qui soutiennent encore le maire au sein de l’ancienne majorité municipale, et du principal intéressé. «Les élus placent notre collectivité dans une situation de paralysie. Il faut accepter d’aller aux élections anticipées ou bien coopérer», conclut Jean-Marc Nicolle de la situation. Avant de contre-attaquer : «J’ai décidé avec mon avocat de déposer plainte en citation directe contre Jean-Luc Laurent, pour des propos diffamatoires qu’il a répété et mis sur les réseaux sociaux».

«On se bat pour qu’au niveau local, la politique ne prenne pas le dessus. Cette alliance se fait au détriment des Kremlinois, certaines décisions concernaient la sécurité publique, le bien être des gens, l’humanisme, et elles ont toutes été rejetées», regrette Philippe, parmi les happy few qui ont pu pénétrer dans la salle du conseil.

Dans le hall, on interprète la situation différemment. «Je ne pense pas que le Conseil bloque les citoyens, je pense plutôt que c’est le maire qui les bloque, témoigne Isabelle. Il n’est pas du genre à renoncer, il s’est battu 30 ans pour sa ville. Mais maintenant, il se bat pour lui-même», regrette l’habitante. «Une autre solution serait qu’ils démissionnent tous», exprime Denis.

94.citoyens.com

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Published by lapresseenrevue - dans JUIN 2018
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Conseil municipal dantesque au Kremlin-Bicêtre
Conseil municipal dantesque au Kremlin-Bicêtre © Fb

Foule inhabituelle à l’entrée de la mairie du Kremlin-Bicêtre pour ce conseil municipal. Dans le hall, les esprits s’échauffent lorsqu’il devient évident que la police municipale ne laisse accéder à la salle du conseil qu’une quarantaine de Kremlinois parmi lesquels se trouvent une majorité de soutiens du maire Jean-Marc Nicolle. Les autres sont priés de rester dans le hall d’où ils scandent des « démission » sans faiblir. Un écran a été installé pour suivre en direct la séance. Quelques coriaces tentent de forcer le passage bloqué par des policiers municipaux, des coups sont échangés et une mêlée s’improvise dans les escaliers menant à la salle où le conseil est réuni. A côté, d’autres citoyens atterrés par le spectacle brandissent leur téléphone et filment la scène. « Des scènes comme celle-là, c’est du jamais vu, ça contraste avec ce que nous avons connu quand Jean-Luc Laurent était aux manettes », souligne l’une des vidéastes. Au premier étage, dans le public, les participants observent le maire qui s’installe. « Il a l’air encore éprouvé. C’est malheureux ce qui lui arrive », lâche une habitante.

Lire aussi : Mis en examen pour corruption, Jean-Marc Nicolle s’explique et défie son Conseil municipal

Le conseil commence par la recomposition des groupes politiques alors que plusieurs élus ont décidé de siéger comme non inscrits. Comme il l’avait annoncé lors de son point presse de la veille, Jean-Marc Nicolle s’exprime sur la mise en examen dont il fait l’objet. « Cette procédure a pu interpeller et amener son lit de questions légitimes auxquelles je souhaite répondre. Depuis ma mise en examen, aucun élément nouveau n’a été communiqué par le parquet. Les auditions des témoins viennent de commencer. Cette enquête repose sur des accusations hasardeuses, des mensonges, mais je crois en la Justice. Pour mettre les choses au clair, j’ai refusé la protection fonctionnelle et assure ma défense sur mes deniers personnels. Je souhaite que la ville se porte partie civile pour qu’elle défende ses intérêts et je la dédommagerai en cas de préjudice. C’est la preuve de ma volonté de démontrer mon innocence. Je n’ai pas abandonné la ville et la gestion municipale s’est poursuivie, il n’y a pas eu, contrairement aux rumeurs qui circulent, de paralysie. Je refuse que mes collègues du Conseil municipal soient mes juges, nous sommes ici pour mettre en œuvre le projet de ville qui répond aux attentes des citoyens », défend le maire, applaudi par le public de la salle, et hué au rez-de-chaussée. Son premier adjoint, Jean-François Banbuck renchérit en tant que président du nouveau groupe resté fidèle au maire, Kremlin-Bicêtre en avant. « Depuis plusieurs semaines, de nombreux conseillers municipaux ont bafoué les principes républicains, électrisant à dessein la population et aboutissant à l’agitation du rez-de-chaussée de notre maison commune. Que cherchent à faire les promoteurs de cette cabale sinon prendre en otage les Kremlinois et fragiliser l’institution municipale. Qui est le candidat clandestin de cette coalition ? Quelqu’un est-il atteint d’une addiction au mandat dissimulé comme une maladie honteuse et qui ne voudrait pas se dévoiler et permettre au MRC de conserver la seule mairie dont il pouvait se prévaloir? », tacle l’élu.

Les élus d’opposition premiers à s’en aller à une exception près

 

Saïd Hassani (Ex-Modem désormais non inscrit) puis Jérôme Giblin (ex PS désormais non inscrit) demandent chacun la démission du maire, puis, c’est au tour de l’ancien mentor de Jean-Marc Nicolle, Jean-Luc Laurent, président du MRC, de s’exprimer. « Nous attendions ce soir des explications précises sur les motifs de votre mise en examen et pas des faux-fuyants pour éviter de parler du fond. Vous n’avez plus notre confiance, nous ne pouvons plus vous laisser gérer la ville. Je vous appelle solennellement à démissionner et à cesser d’instrumentaliser les Kremlinois ». C’est ensuite au tour de Léa Morgant (LR) et de Bernard Aubague (Modem) de lire une déclaration commune des deux groupes d’opposition (Divers droite et centristes). « Cette affaire de moralité politique inédite pour notre ville nous interroge sur la crédibilité du premier magistrat. Nous assistons à une révolution de palais où les uns excluent les autres et renient leurs idéaux partisans. Quelle indignité que ce jeu de chaises musicales. Nous refusons de participer à cette mascarade que vous nous imposez et refusons de siéger face à un homme qui n’est plus digne », prononcent-ils avant de quitter la salle en traitant de traître le président du groupe divers droite, Pascal Reisser, resté assis et qui s’exprime alors à son tour. « Je déplore ce spectacle affligeant pour les kremlinois, entre guignol et OK Corral, du vaudeville au mauvais western. Je n’accuserai jamais personne sur la base d’articles de presse, remettant en cause nos institutions et le droit à chacun de se défendre. En tant que président du groupe DVD et d’opposition, je continuerai à défendre les Kremlinois en siégeant.» 

Rupture consommée au sein de la majorité

 

C’est ensuite la deuxième adjointe, Geneviève Etienne El Malki, présidente du groupe PS, qui esquisse une réponse au manque de loyauté pointé par le maire et son premier  adjoint. « Ce n’est pas être votre bourreau que d’affirmer certains principes. Le doute s’est insinué, les équilibres politiques initiaux sont remis en cause, il est évident que plus rien ne sera comme avant. Notre souhait est de voir le maire se mettre en retrait pour laisser une chance à cette collectivité, qui a travaillé en synergie pendant des années, de poursuivre son œuvre. Nous avons essayé de trouver une solution négociée, il y a plein de conseillers ici qui pourraient occuper les fonctions de maire à votre place mais vous tenez à conserver vos fonctions et nous mettez face à un dilemme insupportable. Ce n’est pas Jean-Marc Nicolle ou le chaos. Nous ne poursuivrons pas cette assemblée.» Et les socialistes de quitter les lieux.

Les communistes prennent ensuite la parole par la voix de leur présidente, Nadia Mersali qui ne manque pas de souligner que contrairement aux autres groupes du Conseil municipal, le sien est resté unis malgré la période troublée et compte toujours 5 élus. « La création de ce nouveau groupe politique (Kremlin-Bicêtre en avant) demande des éclaircissements sur sa ligne politique. L’ordre du jour est un symbole de vous maintenir coûte que coûte et de nous faire adouber un état de fait. Nous vous demandons solennellement de vous retirer ou nous ne participerons plus à ce conseil construit pour nous obliger à voter des délibérations qui pourraient nous être reprochées par les Kremlinois.»  Les élus PCF quittent la salle. « Il n’y a plus de quorum, la séance doit être levée », prévient Fabien Guillaud-Bataille, élu PCF, en sortant.

Suivent encore Sarah Benbelkacem et Vincent Rousseau, tous deux ex-MRC, qui ont quitté le groupe de soutien à Jean-Marc Nicolle. Vincent Rousseau indique qu’il s’abstiendra de façon « méthodique » sur toutes les délibérations. « Je crains qu’en cas de maintien, les Kremlinois ne jugent l’affaire Nicolle en 2020 plutôt que notre bilan », lance Sarah Benbelkacem.

De leur côté, les deux élus de l’UDE, Bernard Chappellier et Léna Amoura, ont choisi de rester. « Nous vivons une période difficile de grande déception humaine. Comment pouvez-vous balayer d’un revers de main tout ce qui a été fait pour notre ville ? Vous avez la mémoire courte. Ayez confiance en notre Justice et travaillons sereinement et efficacement. Seuls les Kremlinois sont légitimes à demander le retrait du maire », a indiqué Léna Amoura.

Une élection anticipée, Jean-Marc Nicolle dit chiche

 

Une fois les prises de paroles terminées, Jean-Marc Nicolle annonce la levée imminente de la séance faute de quorum et la convocation pour une nouveau conseil municipal ce lundi où il pourra faire voter ses délibérations même en cas d’absence de la majorité des élus. « J’invite chacun à prendre ses responsabilités. Qui est incohérent lorsque des élus abandonnent leur travail municipal tout en conservant leurs délégations et les indemnisations qui vont avec ? Ayez le courage d’aller aux élections si vous n’avez pas confiance en la Justice. En attendant, les institutions ne sont pas bloquées et le code général des collectivités territoriales prévoit tous les cas de figure pour que nous puissions continuer notre action malgré les blocages », a terminé le maire, avant de venir saluer chaudement ses soutiens dans le public. Un peu plus tard, en aparté, le maire s’est dit prêt en cas d’élection anticipée à être candidat à sa propre réélection.

Peu de temps avant le début de la séance, des échauffourées se sont déroulées dans le hall de l’hôtel de ville entre des policiers municipaux et des habitants demandant la démission de JM Nicolle souhaitant entrer dans la salle du conseil. « Je n’ai pas reconnu beaucoup d’habitants du Kremlin-Bicêtre parmi ces personnes », glissait un collaborateur du maire à l’issue de la séance.

Après les départs des élus d’opposition et des conseillers municipaux de certains groupes de la majorité, le quorum n’a plus été atteint et la séance a du être reportée à lundi.

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Published by lapresseenrevue - dans JUIN 2018

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